Le Mal de mère. Le psy s’arrache les cheveux. Pièce de théâtre.

De Pierre-Olivier Scotto

Mise en scène
Jacqueline Préseau

Avec
Jacqueline Préseau
Gilles Van Bunnen

Théâtre
La flûte enchantée à Ixelles.

Deux comédiens, un seul décor. Volontairement minimaliste, cette pièce offre pourtant un superbe espace de jeu à Jacqueline Préseau et à Gilles Van Bunnen. Ils en profitent pour notre plus grand bonheur.

Un 24 décembre, Madeleine débarque dans le cabinet de Moïse, psychanaliste. Elle s’estime trop peu écoutée par son entourage. Madeleine prend l’option de la thérapie fortement tarifée, pour combler ce manque. Rapidement, elle prendra bien plus d’espace qu’une simple patiente…

La maternité et l’abandon sont les thèmes majeurs de cette pièce autour desquels se greffent un tas de nuances qui nous plongent dans l’esprit même des perssonnages et nous emportent dans nos propres questionnements, voire nos préjugés.

Nous sommes en quelque sorte les observateurs privilégiés de ces deux personnalités que rien ne semble rapprocher…

Une complexité bienvenue dans les émotions et la confrontation aux théories.

Eh, oui, il y a un peu de tout cela dans cette oeuvre. Pas de panique : rien n’est lassant, tout est dans la fluidité. Les comédiens nous partagent leurs questions existentielles et leur (im)postures relationnelles. Moïse plusieurs fois sera confonté à son intégrité de psy, à sa déontologie.

Les deux comédiens passent aisément tous les deux par un vaste registre d’émotions, de réflexions ou de considérations qui enrichissent la pièce, qui lui donnent une âme.

Aucun temps mort.

Attention, chaud devant ! Cette pièce, c’est un pavé qu’il faut savoir restituer. Du texte il y en a ! Des dialogues, des monologues alternés ou non, des interventions, des réponses via la régie pour des voix off… Le texte est abondant et riche, c’est le moins que l’on puisse écrire.

Il y a très peu de “respirations” et pourtant tout est chorégraphié en douceur, sans soufrir d’aucune longueur.

La mise en scène est efficace, redoutable même. C’est elle qui donne le rythme à la pièce. Les lumières surlignent parfaitement les changements de points de vue. Tout cela nous l’avons profondément apprécié.

Jacqueline Préseau et Gilles Van Bunnen dans la pièce de théâtre “Le Mal de mère”.

En conclusion…

Un jeu riche, bien rodé des comédiens, une mise en scène et une régie millimétrées qui permettent d’aborder des thèmes difficiles mais de manière vivante et légère, avec quelques pointes d’humour. Profitez-en tant que c’est possible.