La photographie retro. Benoit Jacquet et son afghanbox réalisent des photos comme dans les années 30 !

Interview et explications de son appareil photo atypique et argentique, l’afghan box : Ben nous explique son parcours depuis le début de sa vie professionnelle jusqu’à sa nouvelle activité, la photographie de rue.

Vous pouvez contacter Benoit pour connaître ses prochaines activités ou convenir avec lui d’une prestation pour un mariage, un festival, une animation de rue via :
💻 site : https://ben-art-photo.com/photomaton/
📸 instagram : https://www.instagram.com/ben_art_photo/

Il photographie les gens à l’ancienne, avec une “box”, une “afghan box” en fait. Un procédé qui nous fait plonger dans l’histoire de la photographie et dans les rencontres qui s’ouvrent à Benoit au fil de ses prestations.

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  • Afghan Box camera
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  • Kamra-e-faoree Dark
  • Box Camera
  • Photo retro

    #photography #photographie #blackandwhite

Le texte de l’interview (encore incomplet à ce stade, le 13 avril 2022)

Bonjour, moi c’est Ben, je suis artisan photographe nomade. C’est après un assez long cheminement de vie que j’ai pris la décision de me consacrer à ma passion, la photographie. 

Je fais revivre un vieux métier, celui de photographe de rue. Afghanboxer.

J’ai eu un parcours assez classique pour commencer. Je suis licencié en art numérique à  l’Académie des Beaux-Arts de Tournai, suite à cela, j’ai travaillé dix ans dans une boîte de production de dessins animés, dans le Nord de la France. 

Un de mes rêves était d’avoir mon nom au générique d’une œuvre de cinéma, ce qui fut assez vite réalisé grâce à ce premier job. Mais, ce rêve réalisé et au bout d’un certain temps de vie citadine monotone, je dois bien dire que je ne trouvais plus d’exaltation dans cette activité, ni dans ma vie de tous les jours.

En quelque sorte, je tournais en rond, je ne savais plus trop quoi faire. J’ai senti en moi le besoin de repartir sur un nouveau défi, me construire un nouveau rêve. 

D’un coup, j’ai tout quitté. J’ai quitté mon appartement, mon boulot, pour me lancer dans une sorte d’aventure : un premier long projet photographique. Ce projet, je l’ai nommé “Solo Sac à Dos”.  

2000 km à pied, une longue marche photographique.

Sans trop réfléchir, j’ai juste pris mon sac à dos, mon appareil photo et je suis parti faire le tour de la Belgique… à pied. J’ai marché durant sept mois, ce qui représente 2000 km. 

De ce voyage, j’en ai tiré une relation, un rapport avec le paysage très personnel. J’ai produit plusieurs séries de photos sur le thème des paysages minimalistes. Dans ces photos, on notera surtout la volonté (involontaire, sic) de faire disparaître la figure humaine, je pense que je cherchais en quelque sorte, une forme “d’abolition de l’humain” en réponse, probablement, à ma vie citadine que je voulais un peu éloigner de moi.

Maintenant, avec le recul, je suis de plus en plus conscient que ce projet, c’était clairement une sorte de fuite. Oui, une fuite de notre société. 

Arrivé au terme de ce projet et de ce voyage, mes économies avaient fondu, je n’avais plus rien. Du coup, retour au métro-boulot-dodo. Là, je me suis (re)pris notre société de face et cela a vraiment été compliqué pour moi. Je n’avais pas le choix, j’ai tenu bon et j’ai travaillé un an pour Amnesty International. 

Mon regard sur la société n’avait pas changé et j’ai eu envie de faire ma part, ma part du colibri, comme on dit. Je me suis alors engagé dans une spécialisation en art-thérapie.

Je suis donc diplômé comme art-thérapeute. C’était ma manière à moi d’apporter quelque chose à notre société : aider les gens avec ma pratique, mes pratiques, moi qui viens de l’expression artistique, cela me semblait tout à fait naturel.

Le monde est f(l)ou

Je me suis alors relancé dans de nouveaux défis photographiques. Retour en argentique, cette fois. Un nouveau projet avec en toile de fond notre société si complexe à appréhender. Cette société qui est toujours en mouvement. Ce travail, je l’ai appelé “Le monde est f(l)ou”. L’idée est de capturer le mouvement de notre société. Ce sont des photos abstraites, floues, très contrastées, avec une partie dynamique et une partie calme, posée, statique.

Ce projet dénote complètement, il s’oppose même en quelque sorte, aux paysages minimalistes de mes recherches précédentes. 

Mon évolution faisant, je continue à réfléchir à la question de l’image et de l’homme. Je continue, sans m’en rendre compte, mon cheminement artistique. J’observe encore notre société. Je regarde les gens, nos semblables, je scrute. Là, j’ai eu l’envie d’aller plus loin vers les autres. Je suis alors retourné à mon premier amour : le portrait. 

L’afghan box, un polaroïd “préhistorique” géant et manuel.

Tandis que je me lançais dans ce nouveau projet, je découvre par hasard l’afghan box. 

L’afghan box est un appareil photo très rudimentaire. Une boîte en bois qui regroupe toutes les fonctions utiles pour faire de la photographie. Une partie chambre photographique, une partie développement. Toutes les parties de développement se font à l’aveugle, c’est minimaliste mais efficace. C’est une des boîtes les plus utilisées de par le monde pour faire des photographies de rue ou même des photos d’identité. Il est encore utilisé dans les régions sans électricité, au Moyen-Orient ou en Afrique.  Une sorte de polaroïd géant et manuel.

On dit afghan box parce que le modèle que j’utilise est le modèle utilisé en Afghanistan. Il faut savoir que ces appareils-là sont apparus un peu partout dans le monde entre les années 1930 et 1960, plus ou moins. Il existe différents modèles. Chaque région a créé son propre modèle. C’est un peu la photographie de la débrouille, on va dire. L’artisan qui a construit la boîte, la box, s’est basé sur le modèle afghan. C’est un modèle très pratique, très simple d’utilisation. En fait au tout début, cet artisan réalisait des modèles maliens, un modèle originaire du Mali, mais ce sont des boîtes beaucoup plus lourdes, beaucoup plus grosses et donc difficiles à transporter. L’afghane est plus pratique pour mon activité et généralement celle des photographes, portraitistes de rue. A Cuba, ils ont appelé ça le polaroïd créole… J’aime bien cette dénomination, car les gens, naturellement, ils font le parallèle 

L’afghan box est pour moi, l’objet idéal pour ma pratique photo. Au-delà d’un appareil photo, c’est un créateur de liens. L’appareil attire la curiosité. 

Avec ce gigantesque boîtier photo argentique, je retrouve le goût du voyage, comme lorsque j’ai parcouru la Belgique à pied. J’y retrouve une forme de nomadisme, un concept qui me tient fortement à cœur. 

En effet, je peux travailler partout, tout le temps, enfin… tant que la météo le veut bien ! (rires) Cela me permet aussi de me reconnecter avec l’humain, avec la personne en face de moi, ce qui est extrêmement important, comme je vous l’expliquais.

Travailler et photographier en rue.

C’est presque du porte-à-porte que je fais quand je m’installe en rue. Ce que je cherche, c’est le rapport humain.

Avec cette box, en rue en reproduisant des portraits, je poursuis un nouveau projet. Je l’ai appelé  “Mille sourires”. Le titre complet que j’aime donner c’est “Mille sourires, mille rencontres, mille histoires”. L’idée, elle est toute simple. Certains diraient qu’elle est un peu naïve, mais pas pour moi, ça va au-delà des mots. Je cherche à reconnecter l’humain avec le positif. J’observe la période où nous vivons, légèrement anxiogène. Oui, j’aime minimiser les choses. J’aimerai donner un peu d’espoir, un peu de chaleur malgré notre mode de vie actuel, difficile.

Mille sourires.

J’aime interpeller les gens avec cette simple question… “Qu’est-ce qui vous donne le sourire ?” En fait, je leur pose cette question juste avant de prendre la photo. Pour qu’à ce moment, ils se “reconnectent” avec eux-mêmes, avec une forme d’humanité, un temps intemporel en quelque sorte. Qu’à un moment de leur journée, ils prennent une pause et se concentrent sur “Qu’est-ce qui me donne le sourire ?”, que cela soit maintenant, dans le passé ou que cela soit une généralité. 

Après… ils en font ce qu’ils veulent, j’ignore comment ils ressentent les choses au plus profond d’eux-mêmes. Quand ils reçoivent la photo, je leur demande : Qu’est-ce qui vous a fait sourire ? Et on a un petit échange. 

L’idée c’est d’inonder les réseaux sociaux avec tous ces récits, tous ces sourires et pourquoi pas par la suite en sortir un bouquin. Je suis quelqu’un de très sociable, j’ai le contact très humain et c’est certainement pour  ça que les gens s’arrêtent auprès de moi. 

Quand je vais en rue c’est toujours de manière assez spontanée. Je suis assez impulsif comme être humain. Je fais les choses, je ne vais pas dire sans réfléchir car tout ce que je fais est, finalement, très réfléchi, parfois un peu trop même (rires)… mais justement c’est me reconnecter à cette spontanéité-là qui est une des choses primordiales à poursuivre dans mon développement.

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