Café-poussette et parents solidaires. Article et podcast.

Rachida s’occupe du café poussette le “Haricot Magique”. Elle nous explique comment elle en est arrivée à reprendre cette institution et en quoi un café-poussette consiste.

Rachida nous parle de son café-poussette et de son projet de soutien aux parents, aux jeunes enfants.

Nous avons posé deux questions à Rachida Bouganzir, au sujet de son café-poussette (poussette café pour les français), le Haricot Magique, situé à Bruxelles, plus particulièrement à Ixelles.

Ce lieu de rencontre, de détente pour les parents et les enfants est malheureusement amené à disparaître.

Toutefois, Rachida va pouvoir prolonger l’esprit de rencontre et d’entraide que ce concept a initié.

Rachida nous explique qu’elle va mettre en place une plate-forme web, internet qui permettra aux parents de trouver les bonnes adresses pour tout ce dont ils ont besoin. Kinésithérapeutes spécialisés pour les enfants ou les futures mères, doula, garderies, stages, etc…

Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères. Sinon nous allons mourir ensemble, comme des idiots. Martin Luther King.

Deux questions… Deux questions à Rachida Bouganzir.

Rachida Bouganzir, vous vous occupez du Haricot Magique, un café poussette, situé à Ixelles, en région bruxelloise.

Racontez-nous en quoi ce Haricot Magique, n’est pas un café comme les autres ?

Le café poussette est né en 2012, c’est un couple, Laurent et Audrey qui l’ont créé. C’est un espace idéal pour une famille. Il permet de se retrouver entre parents. Les enfants jouent entre eux dans un espace tout à fait adapté, tandis que les parents de divers horizons peuvent faire connaissance s’ils le désirent. Des espaces adaptés existent pour des bébés ou des jeunes enfants, avec toute l’infrastructure qui s’y prête. Des sièges bébés, des couverts, un micro-onde et même des repas.  Il y aussi beaucoup d’espaces de jeux sécurisés et propres.

Moi j’ai découvert le concept de café-poussette, ou poussette-café quand mon fils est né. En 2017, alors que je vivais une situation d’isolement. Je me rendais au café poussette et un jour, j’ai appris que Laurent et Audrey remettaient leur espace et leur concept. Ils désiraient vendre, le café poussette devait déménager, une première fois. 

C’était dommage que le seul café-poussette qui existe (à Bruxelles) doive fermer ses portes. Alors, j’ai décidé de le reprendre, je l’ai déplacé de Schaerbeek à Bruxelles et j’en ai fait un dispositif de soutien à la parentalité. Comme j’ai moi-même vécu une dépression post-partum, je me suis dit que ce type de lieu devait exister, qu’il devait même y en avoir partout. J’ai d’abord dû chercher un nouveau lieu pour pouvoir reprendre le concept. Je suis arrivé à See U, à Ixelles, en occupation temporaire, dans les anciennes casernes.

Cela fait maintenant 3 ans que nous y sommes implantés. J’ai développé une ASBL. Les parents peuvent venir passer un moment tranquille, boire un café. Ils savent que leurs enfants ne risquent rien. Les enfants, eux, passent un bon moment. De fil en aiguille nous avons mis en place des ateliers, des stages pour les enfants et les adultes. Il y a aussi un espace de fête et pas mal de workshops. 

C’est devenu un lieu de rencontre important pour pas mal de familles. Il y a des enfants, par exemple, pour qui le café poussette sert de lieu de socialisation. Soit parce qu’ils ne sont pas encore allés à la crèche, soit parce qu’ils n’ont pas de crèche… oui certains enfants attendent une place dans une crèche très longtemps.

C’est aussi un lieu d’évasion pour les parents mais aussi pour certains enfants, qui s’ennuient à la maison, toujours, avec les mêmes jeux… les mêmes 4 murs.

C’est un endroit qui est adoré par les enfants.

Mais là, malheureusement,  nous allons vers la fin du projet. Nous avons sollicité les communes, les régions, le fédéral pour obtenir des subsides, car nous sommes une équipe bénévole depuis plus de 3 ans et nous aimerions vivre du projet et des services que nous proposons.

Beaucoup de personnes désirent que le café-poussette reste ouvert. Mes les politiques ne répondent pas.

  • Rachida, vous venez de le dire, malheureusement et plus que probablement, le Haricot Magique va fermer ses portes. Toutefois, l’âme, l’esprit de soutien et d’entraide de ce beau projet va persister. Expliquez-nous comment vous l’envisagez.

L’idéal serait que j’arrive à convaincre les politiques que ce type de lieu est indispensable. D’utilité publique et d’intérêt général… qu’il s’agit de prévention, de la santé mentale. Il ne faut pas l’oublier. Au lieu d’investir de l’argent dans la guérison, dans la gestion des risques psychosociaux, dans la sortie des burn-out, dans la gestion des dépressions. Il serait mieux de les investir pour la prévention et le bien-être de tous. Des parents comme des enfants..

Il est nécessaire de soutenir les familles, les parents. Pour moi, vraiment, l’idéal, le best-case scénario serait de créer des petits Haricots Magiques à tous les coins de rue, dans toutes les communes pour qu’il y ait vraiment des “community centers” comme dans les pays anglo-saxons, qui eux, ont compris qu’il fallait soutenir localement la parentalité.

Ça c’est le rêve. Mais pour le café-poussette, le futur s’arrête malheureusement le 31 mars.

Parce que notre contrat d’occupation précaire et temporaire s’arrête à ce moment-là et que nous ne pourrons rien y faire. Par contre les miracles existent et si quelqu’un se présente et veut sauver le Haricot Magique, ce serait génial. J’en serai ravie. 

Mais, de mon côté, j’ai répondu à un appel à projet, auprès de la région de Bruxelles Capitale pour pouvoir mettre en place un dispositif de soutien à la parentalité en ligne. Il s’agirait d’un site web, une plateforme qui regroupe tous les lieux, où les parents pourraient aller avec les enfants. Des endroits kids baby friendly. Des informations pour les futurs parents… pour des coins enfants, des formations… Comme un annuaire en ligne de toutes les bonnes adresses et bons plans pour les parents. Il y aura plusieurs chapitres. 

Par exemple le chapitre grossesse. On y retrouverait les informations pour la kiné doula, ostéopathe, tous les professionnels de la petite enfance et de la parentalité. Que l’on a besoin ou non de consulter quand on devient parent. Il y aura aussi le chapitre post-partum. Tout ce que l’on est amené à rencontrer autour de la naissance.

Puis, je n’oublie pas, le coin des enfants. Pour les ateliers, les bonnes adresses… aussi les professionnels de la petite enfance… Le coin de rencontre des parents. Avec l’idée de briser l’isolement des mamans, justement. Il y aurait six à huit chapitres. Du coup, la plateforme servirait de répertoire pour tous ces lieux. Elle montrera cette plate-forme qu’il n’en existe pas assez. Donc avec le Haricot Magique qui pourrait être repris… qui pourrait, pourquoi pas, inspirer d’autres personnes. Des porteurs de projets, des initiatives citoyennes et / ou collectives pourraient émerger. Enfin, information pratique importante, comme notre public au Haricot Magique est trilingue, ce site sera également en trois langues. Français, néerlandais, anglais, pour refléter le public du Haricot Magique.

Moi je continue à être inspirée, inspirante et je rêve vraiment d’un monde où les parents se sentent soutenus, aussi bien au niveau local que régional. 

Un slogan important pour moi : il faut un village pour élever un enfant… Seul on va plus vite, mais ensemble on va plus loin…

  • Rachida Bouganzir, un tout grand merci d’avoir répondu à ces deux questions.

Related Posts